
Utilisé pour l'enregistrement ou la sonorisation, le micro est un transducteur transformant une onde acoustique en signal électrique exploitable par la chaîne audio (préampli, ampli, enregistreur, enceintes...). On en distingue 4 types selon les technologies qu'ils exploitent : les dynamiques, les statiques (à lampe ou à transistor), les micros à électret et les micros à ruban, chacun de ces types étant décliné en différentes directivités (omni-directionnelle, cardioïde, hyper-cardioïde, etc.).
Par Saxleo le 11/02/2002
Prise de son : le guide
Le préampli
Le préampli
C'est l'inconnu des débutants. Quand ils branchent le XLR dans leurs tables et qu'ils règlent le trim, ils ne se doutent pas qu'ils sont en train d'utiliser un préampli. Mis à part des cas particuliers comme certaines consoles professionnelles très chères, les préamplis des tables sont moyens, voir mauvais. Sans que vous vous en rendiez compte, ils peuvent vous manger jusqu'à 30 % de la qualité d'un micro.
Le premier rôle est de renforcer le signal qui sort du micro. Pratiquement, le préampli va renforcer la clarté, la puissance et la présence du micro. Le préampli a fait son retour en force avec les systèmes digitaux. Pourquoi ? Parce que les systèmes digitaux durcissent le son. Très rapidement, les ingénieurs sont revenus chercher leurs premiers preamplis à lampe bourrés de défauts dans un contexte analogique. En fait le préampli arrondit et remet des défauts à un système trop parfait. L'Homme est décidément bien compliqué !
Les gens de la hifi de haute gamme connaissent très bien le problème avec le pur class A et ses lampes (Generalement, les lampes sont même apparentes pour le design). Ces amplis ont le défaut d'avoir des temps de montées très lents par rapport à leurs collègues électroniques, mais, d'être beaucoup plus constants une fois la puissance atteinte. Ce phénomène se poursuit également à la coupure du signal. Visuellement, sur un oscilloscope, on constatera que si on envoie un signal en créneau, un ampli électronique essaiera de reproduire le créneau plus ou moins excepté le pic dépassant la puissance en fin de montée (très courte) et une tendance à ne pas garder rigoureusement plat la tenue de la puissance. Pour les class A, le signal se convertira en une montée en cloche avec un très léger pic une fois la puissance atteinte, une tenue droite et un descente tranquille en cloche. Vous me direz qu'on est loin de l'origine et que le créneau est devenu une courbe. Oui, les lampes ont arrondi le créneau, et cette "arrondissement" se perçoit également à l'oreille. Cela, a pour conséquence d'adoucir la dureté du digital. Les amplis de ce genre sont donc revenus à la mode quand le CD a pris le pas sur le vinyle... Vous souvenez-vous des premiers CD et des applaudissements en fin de concerto ? C'était la batterie de cuisine en action !
Les préamplis électroniques d'aujourd'hui ont pris en compte l'environnement purement digital. Ils sont donc beaucoup plus doux que la première génération et embarquent des filtres redoutables. Cela étant, la lampe a encore de beaux jours devant elle.
Cher lecteur, non fortuné, écoute bien le conseil suivant : à qualité égale, l'électronique est moins chère que la lampe. Il vaut donc mieux un bon préampli électronique qu'un mauvais préampli à lampe. Et ces derniers sont nombreux, dus à un phénomène de mode.
Le réglage d'un préampli ne présente pas de difficulté. Il est constitué au minimum d'un potentiomètre pour régler le niveau et d'un switch pour connecter ou non l'alimentation phantom 48 V. Souvent s'ajoute un autre switch qui diminue la puissance d'entrée pour rendre plus précis le potentiomètre. Exemple: le TLM103 a une puissance de sortie qui nécessite très peu de puissance en entrée du préampli. D'autres switchs coupe haut/bas peuvent s'ajouter.
Le choix d'un préampli est, sans aucun doute, le plus délicat de toute la chaîne acoustique. Il est lié au micro. Mais il l'est aussi au style de musique et d'instrument. Tout comme les micros, les studios professionnels en possèdent plusieurs. Le grand "jeu" consiste donc à faire le couple de la session et, le plus souvent, du disque ! Le dernier Brandford Marsalis, par exemple, est le mariage d'un Neumann TLM170 avec un préampli DS550 (puis sur mac/pro-tools). Cela rend remarquablement bien, bien que, personnellement, je préfère les enregistrements du saxo de Mickael Brecker - notez au passage que très peu de gens savent quel couple a pris cet authentique génie : secret bien gardé ! Outre la combinaison lampe/électronique ou électronique/lampe, qui me semble la meilleure, je conseille d'aller à la pêche aux infos dans tout les sens. C'est justement l'un des objectifs que nous nous sommes fixé chez Audiofanzine : ne pas vous laisser seul devant l'embarras - surtout pour de tels investissements (+ 30 000 Francs dans le cas de B. Marsalis!).
Voici quelques règles:
- L'effet minimaliste/kitsch : l'humain est bête, quand il cherche quelque chose, il est extrémiste. En fonction du caractère, il va chercher le préampli avec 2 boutons ou le 1000 Boutons façon sapin de Noël. C'est vrai que la finition est importante mais il vaut mieux regarder le poids de l'appareil parce que cela vous permet de voir quel transformateur on utilise. Autre petit truc, tripoter un peu les boutons et potards : des boutons francs dans le déclenchement sont des boutons avec de larges contacts derrières (c'est mieux) et idem pour les potentiomètres. Ne vous fiez pas au design mais à votre sensation.
- L'effet réputation : un préampli qui a une bonne réputation est en général un bon produit. Ne vous jetez pas sur le dernier sorti, laissez les pros ou les riches le tester pour vous. Si vous le voyez d'occasion dans les 6 mois, changez le fusil d'épaule.
- L'effet auto-mensonge : ne demandez pas au vendeur un son pur si vous êtes un malade du grunge et que vous n'osez pas le dire parce que vous voulez dépenser 10 000 francs. Il y a des préamplis excellents pour ce type de musique qui nécessitent un tel investissement. Ne dites pas que vous faites du jazz quand, en fait, vous êtes beaucoup plus funk et hip hop. Attention également au fait que vous faites peut être pas toujours la musique que vous écoutez !
- L'effet temps : acheter un préampli, c'est dur, c'est long, n'hésitez pas à embêter le vendeur. C'est généralement un passionné de musique, aussi, il peut donc vous conseiller. Le mieux est de l'essayer, mais... Ce n'est pas toujours possible.
Appliqué à nos instruments, il convient d'ajouter que pour les cuivres (saxos et autres), les préamplis à lampe sont diaboliques. En effet, le coté "métallique" d'un saxo alto peut être réellement atténué par ce type de préampli et cela pour toute sorte de musique. Pour la voix, encore une fois, tout dépend du style recherché et de la musique. Je le conseille pour les black musics en général. Pour le rock et le pop, le choix est beaucoup moins évident.
Enfin, je trouve le couple "micro électronique/preampli lampe" le plus adapté à la musique moderne dans le contexte numérique.
